Augmented Translation

MeetUs : rencontre avec l'agence Avocat

Bienvenue dans MeetUs, une série d'articles pour mieux comprendre les coulisses des agences de traduction qui ont déjà adopté la traduction automatique. Aujourd'hui, c'est au tour de l'agence Avocat, dont le nom a été modifié pour respecter son souhait de garder l'anonymat.





Avez-vous déjà mis en place un procédé de post-édition au sein de votre agence ?

Oui, depuis 2 ans !


Qu’est-ce qui vous a poussé à refuser/intégrer la post-édition dans votre agence ?

Les demandes des clients sont de plus en plus urgentes et nous imposent des tarifs très bas pour décrocher des contrats. La post-édition répond à ces deux facteurs clés, essentiels pour perdurer sur le marché.


Que prévoit ce procédé de post-édition ?

Tout dépend du projet et des disponibilités. Nous avons, en priorité une équipe de linguistes en interne, qui travaillent en adaptatif. C'est-à-dire que les segments sont pré-traduits les uns après les autres, pour que le moteur s'adapte au contexte et à la terminologie au fur et à mesure de la post-édition. Ces documents sont ensuite relus par des réviseurs externes. L’inverse peut se produire également, c’est-à-dire que nos traducteurs relisent le travail réalisé en externe.


Pour une grande majorité des projets lorsque nous externalisons, nous soumettons 2 pré-traductions complètes aux traducteurs externes, qui sélectionnent l’output qui leur convient. Nous préparons le package pré-traduit et leur envoyons. Lorsque le projet est très urgent, il nous arrive de ne pas proposer d’alternative, et d’envoyer un package pré-traduit intégralement, étant donné que les moteurs sont aujourd’hui très performants. Selon les combinaisons de langues, le choix d’un moteur ou l’autre peut être vite fait. Les moteurs se mettent à jour automatiquement, si l’option est bien cochée sous Studio. Tout se fait sous Studio 2021.


Quel fournisseur de traduction automatique utilisez-vous ?

Nous utilisons DeepL, MordernMT et SDL BeGlobal.


Quel est le profil du client type qui fait recours à vos services de post-édition ?

Nous n’avons pas vraiment de client type, étant donné que la post-édition s’applique aujourd’hui à un grand nombre de domaines. Néanmoins, le plus souvent, il s’agit d’appels d’offres à traduire rapidement (pour y répondre, ou pour les comprendre), et de documents techniques répétitifs. Les combinaisons linguistiques les plus utilisées sont anglais-français, français-anglais. Souvent, les projets dépassent les 15-20 000 mots. Mais comme pour tout projet, tout dépend du document, et de l’urgence du client.


Avez-vous remarqué une augmentation de la demande des services de post-édition dans les dernières années ?

Les clients ne sont pas encore tous au courant de l’existence de cette méthode (traduction automatique avec post-édition), nous essayons donc de la présenter et de la proposer lorsque cela nous semble pertinent. Compte tenu du contexte actuel et de l’urgence dans laquelle nous devons travailler, nous avons de plus en plus recours à cette méthode.


Que conseillez-vous aux traducteurs qui cherchent à se rapprocher de la post-édition ?

Ne ratez pas le train en marche ! Comme on le sait, les progrès technologiques impactent directement les traducteurs et les agences. Il est donc important de se tenir informer, de tester, se faire son avis, et de laisser sa chance au produit, plutôt que de réfuter directement les nouvelles technologies. Tout est améliorable, et la post-édition représente une nouvelle option sur le marché de la traduction, à laquelle on ne pourra pas échapper, alors autant prendre ce virage technologique le plus tôt possible pour être prêt à affronter l’avenir et en améliorer son utilisation.


Pour terminer : Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Il faut lutter contre l’idée reçue que toutes les traductions automatiques sont mauvaises. Aujourd'hui, de grandes sociétés investissent dans le domaine et le marché de la traduction ne s’est jamais aussi bien porté. Internet, les médias, les données en masses, etc. représentent un marché très intéressant pour l’avenir de la traduction. Plutôt que de renier les progrès technologiques, il faut en tirer le meilleur parti : pour information, même en baissant son tarif au mot de 30-50 %, un traducteur va traiter plus de 50-75 % de mots en plus par jour, ce qui représente un gain financier pour lui également. Alors pourquoi rejeter une technologie qui augmentera notre productivité et nous facilitera le travail à l’avenir. Bien sûr, la post-édition ne s’appliquera pas à tous les domaines, et ce n’est pas là son intérêt : il faut redéfinir les objectifs de la post-édition pour mieux la faire comprendre et faciliter son acceptation et son utilisation par le plus grand nombre.



Avez-vous des questions ou des remarques? N'hésitez pas à laisser un commentaire !


74 views1 comment

Location

Lyon, France

Contact / Collab

0

Follow

  • LinkedIn
  • YouTube
  • Twitter

© 2021, Enrico Antonio Mion – Mentions Légales